Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)
Le 13 février 2026
Cette semaine je vous propose de faire un « break » sur le commentaire des statistiques économiques, l'humeur de Donald Trump et la géopolitique. Je vous fais également grâce de mon avis éclairé sur le comportement des marchés les « vendredis 13 »… Les sujets qui préoccupent aujourd'hui les investisseurs sont autrement plus sérieux : ceux-ci se situent au niveau des résultats d'entreprise qui ont un impact bien réel sur les cours. Ce retour aux fondamentaux, que nous ne cessons d'évoquer depuis plusieurs semaines, nous place au pied du mur. Il permet de savoir si les choix auxquels nous avons procédé au cours de ces dernières semaines dans les portefeuilles ont été bons ou mauvais.
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Les premiers résultats communiqués par les sociétés du CAC 40 sont jugés plutôt satisfaisants. Les publications de Michelin, EssilorLuxottica, Hermès International, Vinci, BNP Paribas, STMicroelectronics et TotalEnergies qui annonce une hausse de son dividende en dépit de la faiblesse actuelle du prix du pétrole, ont été largement saluées. Les déceptions sont plus rares. Même Capgemini, très secoué depuis quelques temps, annonce des perspectives encourageantes. L'Oréal n'est pas sanctionné pour ses performances opérationnelles, mais à la suite des pertes de changes intervenues sur le dollar et en raison de la surtaxe appliquée aux grandes entreprises françaises qui grève le résultat de 250 millions d'euros. La bonne résilience de nos sociétés a permis au CAC 40 de franchir, ce jeudi, un nouveau plus haut en séance à 8437,35 points. Même si nous savons bien que la plupart de ces grandes entreprises réalisent l'essentiel de leurs profits hors de l'Hexagone, ce record, en pleine période de doute sur la solidité de l'économie française, est bienvenu.
Depuis le début de l'année, l'indice phare de la Bourse de Paris affiche une hausse honorable de 2,34%, mais celle-ci reste toujours inférieure à la moyenne européenne en progression de 3,7% pour l'Eurostoxx 50. Dans ce contexte, les choix de valeurs auxquelles nous avons procédé au cours de ces dernières semaines se sont révélés plutôt judicieux puisque le portefeuille Offensif gagne 6,58% depuis le 1er janvier et le Défensif 5,36%. Sur douze mois glissants, l'un et l'autre affiche des scores respectivement de 8,1% et 5,2% supérieurs, eux aussi, au CAC 40.
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Le portefeuille Offensif est porté par les titres les plus cycliques que nous avons récemment mis en portefeuille. C'est le cas du sidérurgiste ArcelorMittal, du leader mondial de la distribution de matériels électriques Rexel, de Vallourec dans le secteur des tubes de forage pour le pétrole, ainsi que du distributeur de carburant et de gaz liquéfié Rubis ou d'Imerys dans le domaine des minéraux industriels. Dans le secteur technologique, nous avons aussi profité de la très forte progression du hollandais ASML spécialisé dans les équipements destinés à la production de semi-conducteurs, ainsi que du groupe allemand Aixtron présent dans le même secteur d'activité. Deux déceptions toutefois, l'une sur Eramet, confronté au départ brutal de deux de ses principaux dirigeants, l'autre sur le cimentier allemand Heidelberg Materials AG, pénalisé par un possible report du durcissement des règlementations carbone qui retire une bonne partie des avantages comparatifs dont dispose ce groupe ayant fortement investi dans les énergies renouvelables. Ces deux titres ont lourdement chuté cette semaine. Si le mouvement se poursuit, nous n'hésiterons pas à procéder à des ventes automatiques, comme nous le faisons toujours enfin d'éviter de nous faire embarquer dans des baisses excessives au-delà de 20%.
De façon plutôt inattendue, le portefeuille Défensif, géré dans une optique de grande prudence (avec des titres comme Air Liquide, Bayer, Deutsche Telekom, Orange, L'Oréal, Schneider Electric, Eurofins Scientific ou Engie) enregistre une performance proche de l'Offensif reposant sur une sélection de valeurs à la fois cycliques et spéculatives. Cette situation s'explique par le repli des investisseurs sur les plus belles valeurs européennes dans une logique d'un rattrapage de leur niveau de valorisation par rapport à Wall Street. Leur bonne tenue fait écho à celle du Dow Jones également composé de valeurs traditionnelles.
Notre stratégie sur nos deux portefeuilles de titres vifs reste guidée par le bon sens. Nous ne nous faisons aucune illusion, si notre CAC 40 tient aussi bien par rapport aux autres marchés, notamment le Nasdaq déstabilisé par le doute qui s'est emparé de l'IA, c'est aussi parce que nos entreprises sont désespérément pauvres en valeurs technologiques. Cette carence nous coûte cher en termes de performances comparées à Wall Street depuis des années, mais aujourd'hui elle nous permet d'amortir le choc de la « tech » sans grande difficulté. Dans ce contexte, notre portefeuille Défensif, orienté vers des valeurs de grande qualité, paraît le mieux adapté à la situation actuelle. Ce portefeuille se caractérise, en outre, par un niveau traditionnellement plus élevé de liquidités qui sert d'amortisseur en période de baisse.
L'Offensif profite depuis le début de l'année de nos choix orientés vers des valeurs moyennes portées, pour les unes, par l'espoir d'un rebond cyclique, et pour les autres, sur leur capacité à s'imposer dans des niches technologiques leur permettant d'exister dans ce secteur. Cette stratégie de recherche de la performance sera maintenue, mais elle risque de ne pas produire les meilleurs résultats si l'instabilité ambiante l'emporte dans les prochaines semaines.
Vers une refonte nécessaire de la stratégie à mettre en place sur notre sélection d'ETF Monde. Les six premières semaines de l'année 2026 ont été moins favorables à notre sélection diversifiée d'ETF Monde. Bien que nous ayons, dès le début de mois de février, très significativement réduit les positions prises sur le tracker Amundi PEA Nasdaq 100, nous subissons la baisse des valeurs technologiques américaines prises dans la tourmente des interrogations du marché sur la rentabilité effective des énormes masses de capitaux investies dans le développement de l'IA. Les positions prises sur le tracker Amundi PEA Chine, qui ont soutenu la hausse l'an dernier, reculent de leur côté de 7,9% depuis le 1er janvier. La meilleure performance de la sélection revient à l'ETF Amundi Europe Healthcare orienté vers les valeurs pharmaceutiques du Vieux Continent. Nous n'avons pour l'instant pas encore réinvesti l'intégralité des liquidités dégagées par notre retrait partiel du Nasdaq. Les pays émergents sont présentés comme étant les grands gagnants de la baisse du dollar, mais nous préférons guetter une correction plus forte pour franchir le pas. Notre sélection d'ETF Monde conserve en tout état de cause un très bel historique de 9,2% sur un an et de 36,2% sur 5 ans.
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine
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